Ici et maintenant

Groupe belge de la Fédération anarchiste

Baromètre socio-économique 2020 : pactole pour les pleins aux as

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Le groupe Ici & Maintenant (Belgique) de la Fédération Anarchiste tient à réagir à l'édition du baromètre socio-économique 2020 récemment publiée par la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique, organisation syndicale membre de la Confédération européenne des syndicats).
Durant ces dernières années, les pleins aux as sont devenus de plus en plus riches.

Les 10% de Belges les plus friqués possèdent :

  • 91,7% des droits de propriété totaux

  • 83,8% de toutes les obligations

  • 78,7% des actions cotées en Bourse

  • 60% des fonds de placements

Les gouvernements successifs ont pris des mesures féroces et vachardes contre les prolétaires pour rendre « la Belgique plus compétitive sur les marchés internationaux ».

Ils ont distribué des cadeaux aux entreprises, tels que des réductions des cotisations de sécurité sociale et de l'impôt sur le revenu des sociétés.

Ils ont imposé des mesures qui ont filé des torgnoles à la répartition des richesses: sauts d'index, diminution des marges salariales (en plus de l'indexation), augmentation des impôts indirects (TVA,...), des droits d'accises et des prix des services et des services publics, contournement du paiement du salaire garanti…

T'as comme l'impression de te faire truander… !

Les mesures de soutien Covid 19 ? Pactole pour les pleins aux as !

11,7 milliards d'euros sont revenus aux entreprises et aux indépendants.

Ceci indépendamment des 52 milliards tirés des systèmes de garanties (garanties bancaires) octroyés par les pouvoirs fédéraux et régionaux.

3,4 milliards d'euros reviendront aux ménages en 2020. Sans tenir compte du chômage temporaire, le soutien au pouvoir d'achat se chiffre à un maigre 1,1 milliard d'euros.

Nous, anarchistes, ne sommes pas étonné·e·s par le constat !

La production capitaliste a pour but le profit. La bourgeoisie, classe qui détient les moyens de production et exploitant le travail salarié, ne songe qu'à ramasser du fric et à extorquer la plus-value.

Nous n'avons aucune confiance envers les gouvernements et l’État, ces machines destinées à maintenir la domination d'une classe sur une autre. La vocation principale de l’État bourgeois est de réprimer les adversaires de classe afin de consolider la domination économique et politique de la minorité exploiteuse, de défendre la propriété privée et le régime d'exploitation.

La FA s'en tiendra à ses principes de base: « Nous devons faire en sorte que les classes sociales exploitées accèdent à la capacité politique nécessaire à leur émancipation. Ce sont les classes exploitées qui réaliseront la société anarchiste, car les exploiteurs ne se laisseront jamais déposséder et emploieront toutes leurs forces, même brutales, contre l'émancipation des travailleurs ».

Belgique, décembre 2020



Distanciation sociale, mon œil !

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Courriel envoyé à à la rédaction de Syndicats, journal de la FGTB.

Alors que la première ministre - une libérale pourtant ! - parle de « distance de sécurité » et de « distanciation de sécurité », plusieurs des articles du magazine mensuel de la FGTB Syndicats parlent de « distanciation sociale » !

La formulation des choses confine à l'absurde dans un des articles où il est question de mesurer la « distanciation sociale » en mètres !...

Trouver une telle expression dans les pages du journal d'un syndicat socialiste est inadmissible. Invoquer comme excuse qu’il s’agit d’une expression relevant de l’usage courant ne l'est pas non plus. J'en veux pour exemple que le gouvernement, lui, fait attention à un usage approprié du mot social et parle systématiquement de distance physique !

Surtout que, si on réfléchit un peu, on comprend que l’expression de « distanciation sociale » n'a pas le sens qu'on veut lui donner. Si en Belgique il y a encore des nobles, pour autant, il n'y a plus de distance sociale qui contraindrait le peuple à respecter une étiquette dégradante. Par ailleurs, il n'y a pas non plus de castes. En revanche, il y a bien des classes sociales et une distance sociale, un conflit, entre exploiteur.euse.s et exploité.e.s, et l’un des buts premiers de la FGTB est de les détruire à jamais.

Dans le cadre d'une épidémie, il convient de respecter une distance physique ou d’établir une barrière physique pour se protéger. On peut donc parler de distance physique, de distance de sécurité, de distance hygiénique ou, plus pédant, de distance prophylactique. Pas de distanciation sociale.

À cause du confinement, des distances de sécurité et du port du masque, il nous manque justement le contact social nécessaire aux humains. C’est cela dont nous avons été privés. Nous sommes une espèce sociale (comme l'a rappelé la première ministre, encore une fois c'est une libérale qui souligne ce fait, alors que j'ai entendu des personnes de gauche parler de distance sociale… Un comble !) Il n'est donc pas question de diminuer les contacts sociaux, mais au contraire de les augmenter par tous les moyens disponibles ... en respectant la distanciation de sécurité ou la distanciation physique, pour parler comme le gouvernement (une fois n’est pas coutume !)

Dans le numéro de Mai 2020 du magazine Syndicats, cet affront à nos valeurs a été perpétré moultes fois :

- en page 6 dans l'article "Que faire des enfants après le déconfinement ?"

- en page 9 dans l'article "FGTB à votre service"

- deux fois en page 20 dans l'article "La sécurité n’est toujours pas garantie dans le secteur des titres-services", où on exprime la distance sociale en mètres !

- en page 25 dans l'article "L’aéroport de Liège, tête de pont"

- trois fois en pages 30 et 31 dans l'article "Retour au boulot... mais pas sans protection" où on parle pourtant "d'exploiter au maximum la concertation sociale" ce qui constitue enfin une utilisation correcte du mot… !) 

- et enfin deux fois en page 32 dans l'article "Le masque : une obligation ? Un outil essentiel de protection"

Inutile de faire la liste de ces négations des principes de base de la FGTB dans le numéro d'avril, tout le monde aura compris de quoi on parle.

On pourra bien dire : c’est un détail, mais on le sait, le diable se cache dans les détails. Y a de quoi être vraiment déçu que la rédaction n'ait pas veillé à corriger cette utilisation inappropriée du mot social dans les articles publiés !

En solidarité... quand-même !...



Jacob, groupe de la Fédération anarchiste Ici et maintenant



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