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Groupe belge de la Fédération anarchiste

Rencontres Elisée Reclus : ça passe ou ça CAL...e !

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On nous souffle dans l'oreillette que les imposteurs de service du Centre d'Action Laïque, organisation avérée maltraitante à plusieurs reprises envers ses employé·e·s, incarnation du militantisme subsidié, petit-bourgeois et social traître, lance une série de rencontres baptisées « Rencontres Élisée Reclus ».

On dira ce qu'on voudra, y a pas de copyright sur le nom du célèbre géographe, auteur de la Nouvelle Géographie Universelle (en 19 volumes), ancien de la Commune de Paris, anarchiste convaincu. Mais tout de même, ça fait un peu bisquer !... Pour une association qui bénéficie de subsides de l’État, on imagine que ça doit faire un brin canaille de se placer sous le patronage d'un savant engagé, à la réputation sulfureuse, en son temps. Tant son neveu Paul que son frère Elie et lui-même furent soupçonnés par la flicaille et la bonne société bourgeoise d’avoir encouragé l’anarchiste Vaillant à lancer une bombe dans le Palais Bourbon, le 9 décembre 1893.

Pour autant, qu'on le sache ou non, Reclus n'avait pas été le bienvenu, en 1894, lorsqu'il avait été question de lui offrir la chaire de géographie de l'ULB... A tel point qu'une sécession d'étudiants et d'une poignée d'enseignants avait donné lieu à la création d'une institution rivale, l'Université Nouvelle.

Pour le coup, le CAL, organisation fossile et dinosauresque, semble subitement trouver judicieux de s'emparer de la thématique de la lutte contre les atteintes à l'environnement. On imagine d'ici les grisonnants des CA bavouiller sentencieusement que « ça intéresse les jeunes » et l'une ou l'un deux, de se rappeler que tonton Reclus aujourd'hui n'épouvante plus, puisque même France Culture l'intitule désormais « précurseur de l'écologie »... !

Bref, Élisée Reclus se retourne-t-il dans sa sépulture du cimetière d'Ixelles en apprenant qu'on donne son nom à une série de rencontres se tenant sous les auspices d'une institution qui continue de se braquer contre le port du voile par des femmes adultes (en référence notamment à la tierce opposition contre l’ordonnance du tribunal du travail condamnant la Stib pour discrimination à l’embauche à l’égard d’une femme portant le voile). Tout en prônant une multiculturalité universaliste à la papa, fleurant bon son paternalisme post-colonial…

C’est aussi au CAL (régionale de Namur) qu’on a vu une direction maltraitante lever la main sur une ouvrière, exercer une autorité despotique sur une équipe contrainte de s’écraser sous la menace et l’intimidation. Ces faits sont tout à fait avérés. Certes l’individu, un certain Fabrice Jamar, a été invité à quitter ses fonctions après coup, suite à la mobilisation unanime des salarié·e·s. Des sanctions ? Aucune. Mieux : on a vu peu de temps après ces faits bien connus ledit individu présenter une « conférence » à la Maison de la Laïcité de Namur… ! Au CAL, on copine, on se protège… mais pas les larbins, bien entendu. Et puisqu’on n’en est pas à une farce près, ce petit tyran, affidé du parti socialiste, s’avère avoir commis, avec l’aide de deux complices, une vague brochure intitulée… « Graine de coach, l’attitude coach pour tous »… ! On pourrait en rire si ce n’était emblématique de ce que peut occasionner le clientélisme sordide de toutes les cliques réformistes.

C’est cette même régionale du CAL qui, récemment, a licencié une employée parce qu’elle n’était pas en mesure de répondre, eu égard à sa situation familiale (deux enfants en très bas âge), aux exigences de la direction, à savoir passer plusieurs journées et nuits d’affilée en stage résidentiel durant plus d’une semaine. Tiens, tiens… Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes, dit le poète… Et qui parle de féminisme conserve souvent les pires travers du patriarcat, à ce qu’il semble. Pourtant, au CAL, on se prétend résolument féministe… Seulement voilà, il ne suffit pas d’avoir pour présidente une femme pour abolir le patriarcat et ses dispositifs les plus sournois : il faut aussi que les actes suivent !

Bon… qu’on se rassure ! C’est pas parce qu’on tire à boulets rouges (et noirs!) sur une association progressiste (ou, en tout cas, intitulée telle) que nous allons subitement cirer des pompes du côté du Centre Jean Gol !… Entre deux maux, nous hésitons toujours à choisir le moindre. Nous, anarchistes, préférons rappeler que d’autres voies existent que celles du moindre mal. Ces voies sont celles que des penseurs comme Élisée Reclus, Pierre Kropotkine et Emma Goldman recommandaient pour établir les bases d’une société juste, d’égales et d’égaux. Explorer ces voies demeure notre priorité aujourd’hui. Pas besoin de s’autoproclamer Cercle Elisée Reclus, ou Groupe Kropotkine pour cela. Juste œuvrer, modestement, à favoriser l’avènement de la révolution sociale, ici et maintenant.

Alphonse d’Enletas
groupe Ici & Maintenant (Belgique) de la Fédération anarchiste



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