On s’en doutait, mais
cette fois, les douces illusions, on peut pour de bon s’asseoir
dessus. Monde d’après ? C’est en fait le
monde d’avant, encore, toujours, avec le cynisme en plus :
assez rigolé, maintenant, va falloir rattraper le retard !
Au boulot, les feignasses ! D’ailleurs, on se frotte les
pognes chez les exploiteurs : ça gaze, la croissance va
reprendre sa courbe à la hausse. Mais comme tu le sais, le
retour de la croissance profitera d’abord à toutes
celles et ceux qui tirent leurs revenus du capital. Et comme tu le
sais, aussi prolo, chômeur ou chômeuse, tu n’en
fais pas partie. Prépare-toi au monde d’après, le
monde d’avant avec une belle plus-value : la vie chère !
Vie
chère ? Le gaz naturel, par exemple, coûte presque 50%
de plus qu’il y a un an. Son prix est repassé au-dessus
de son niveau d’il y a 3 ans qui était déjà
particulièrement élevé.
L’électricité,
elle, coûte 17% de plus qu’il y a un an et bat son record
historique de prix.
Le
carburant a augmenté de 15% en un an.
Le
mazout coûte jusqu'à 22 % plus cher.
Boire
un pot dans un café ou manger un bout dans un restaurant vous
coûtera en moyenne 3,4 % de plus.
Le
tabac (+8,3 %), les services bancaires (+12 %) et les services
postaux (+18 %)
Pour
le mois d’août, l’achat de véhicules a
enregistré une hausse moyenne de 1,1%.
Les
prix du pain et des céréales ont été
majorés de 2,0% en moyenne.
Les
chambres d'hôtel ont connu une hausse de prix moyenne de 7,3%.
Le
prix des boissons alcoolisées a augmenté de 3,1% en
moyenne.
Les
prix du sucre et des autres produits sucrés ont enregistré
une hausse moyenne de 4,6%.
Les
loyers privés ont également connu une hausse de prix à
hauteur de 0,4% en moyenne.
Les
soins corporels ont augmenté de 1,0% en moyenne…
La
capitalisme a résolu la question du sens de l’existence.
Pour faire court, cela tient à cette maxime : vivre coûte
cher… Donc tu dois bosser, contribuer à faire prospérer
ton entreprise, permettre aux dirigeants et dirigeantes d’entreprise
d’engranger du bénéfice, pourvoir les
actionnaires en gras dividendes…
Si
l’on en croit les pontes de la FEB, faire la grève pour
réclamer une révision de la loi sur la norme salariale
(1996, révisée en 2017) est irresponsable. Négocier,
pour elles et eux, ça revient à convaincre le banc
ouvrier que la rentabilité des entreprises repose sur leur
docilité. Accepter de vivre dans un monde où tout
augmente, sauf les salaires… « Allez, les gueux,
ramassez ces 0,4 % et estimez-vous satisfaits ! »
Les yeux et la bouche en cœur, les chevaliers blancs de
l’entreprenariat capitaliste nous redisent qu’on a déjà
l’indexation automatique des salaires et que les larbins que
nous sommes devraient déjà bien se contenter de ça.
« Vous imaginez qu’on paye travailleurs et
travailleuses plus cher qu’ailleurs ?! Mais c’est la
porte ouverte à la fuite des entreprises et des
investisseurs ! » Ah ben oui, bananes ! Si vous
continuez de penser comme au 19ème siècle que les
entreprises doivent appartenir à des chefs, à des
capitaines, à des patronnes ou des patrons…
Nous,
nous réclamons l’expropriation des entreprises et des
terres, et une organisation autogérée dans tous les
secteurs de l’économie. Pour inverser l’ordre des
priorités. La prospérité n’est aujourd’hui
qu’un moyen visant une fin : enrichir les détenteurs
et détentrices du capital. Pour les 99 % demeurant sur le
carreau : travailler plus pour gagner 0,4 % de plus, et
puis les fins de mois difficile, la nécessité de
choisir entre se nourrir, se loger, se chauffer, se soigner. Vie
chère, qu’on t’a dit… Pauvres de nous !
Groupe
Ici & Maintenant (Belgique) de la Fédération
Anarchiste
Là-bas
Les
riches sont des jobards ! Au deuxième trimestre de cette
année, les bénéfices nets combinés des
2.542 entreprises mondiales (avec capitalisation boursière
d'au moins un milliard de dollars) ont atteint le niveau record de
624,6 milliards d'euros... Ce grand patronat est indéfiniment
arrosé par de l’argent collectif, par d’importantes
mesures de relance budgétaire prises par les gouvernements et
les États bourgeois pour « soutenir » la reprise
économique.
Sur
la période comprise entre juillet et septembre, les profits
des exploiteurs devraient atteindre 678,2 milliards de dollars. C’est
du cousu main ! Un paquet d’oseille. Par contre, d’autres
sont à court de fraîche. En 2020, 720 à 811
millions de personnes ont été confrontées à
la faim. Oxfam a estimé qu’entre 6.100 et 12. 200
personnes par jour ont pu mourir de faim des conséquences
socio-économiques du coronavirus.
Toutefois,
si l’on évalue l’insécurité
alimentaire dans son acception la plus vaste, à savoir les
difficultés d’accéder à une alimentation
saine et équilibrée, ce sont en réalité 2
milliards de personne, soit environ le quart de la population
mondiale, qui n’ont pas les moyens de se procurer une
nourriture de qualité et suffisamment nutritive.
Belgique
On
se souvient qu’en 2020, sans trop se mouiller, le patronat et
les indépendants avaient reçu 11,7 milliards d’euros
de l’État souteneur. Ceci indépendamment des 52
milliards tirés des systèmes de garanties (garanties
bancaires) octroyés par les pouvoirs fédéraux et
régionaux.
Les
nantis font la ribouldingue pendant que tu rames.
Depuis
des décennies, les entreprises sont dispensées de
verser une part importante des cotisations de sécurité
sociale à l’ONSS et bénéficient de
milliards d’euros de subsides salariaux. Ça ne date pas
d’hier ! Un exemple ? Les entreprises ont perçu
13 milliards d’euros de subsides en 2017... Voici les chiffres
de la semaine ! Le mercantilisme ne profite qu’à
une poignée de privilégiés. Les profits
explosent, les pauvres en crèvent. On sait que ce n’est
pas de la nougatine mais finissons-en avec ce système... Il ne
mérite qu’une dégelée de parpaings !
Jean
Passe et de Meyer,
groupe Ici & Maintenant (Fédération
anarchiste)
L'accord interprofessionnel 2021-2022, on en parle ? Carrément
! Et on dit tout le mal qu'on en pense !
Et on vous explique
pourquoi en 6 points.
Le projet d'AIP est
sur la table. À présent, à la démocratie
syndicale de s'exprimer.
Nous, membres du
groupe Ici & Maintenant de la Fédération
anarchiste, on dit : non merci !
Classé dans : Mobilisations, Politique, Economie, Syndicalisme
Mots-clés : AIP, accord interprofessionnel, syndicat, syndicalisme, FGTB, SETCa
L’encéphalopathie
spongiforme bovine, la maladie de la vache folle, Creutzfeldt-Jakob,
les scandales alimentaires, c’est oublié ? Hier,
dans les supermarchés, les mercantis à la solde du
capitalisme proposaient des aliments de basse qualité (viande,
élevage laitier, poulets de batterie, tous nourris aux
fameuses farines). On utilisait les cadavres ou les carcasses
d’animaux réduits en poudre pour nourrir les cheptels.
L’expression
“farines animales” recouvre l’ensemble des
carcasses animales utilisées dans l’alimentation des
élevages : viande, tendons, plumes, graisses, os,
poils... Nourrir les animaux à un faible coût. Des
empoisonnements alimentaires étaient sciemment mis en œuvre
pour satisfaire la course au profit capitaliste.
Résultats:
scandales alimentaires, animaux titubant, maladie neurodégénérative
touchant les vaches, et pouvant se transmettre à l’humain,
l’abattage de millions de bovins et la mort de centaines de
personnes causée par la maladie de Creutzfeldt-Jakob...
Cette
logique est inscrite dans les lois du capital. Rien n’y
échappe, ni la production de nourriture, ni bien évidemment
les conditions d’élevage et d’abattage des
animaux. Les farines animales sont aujourd’hui à nouveau
autorisées comme aliment dans l’élevage des
poissons. Cette autorisation devrait être élargie à
l’élevage des porcs et des poulets, mais pas des bovins.
La Commission européenne a fait une proposition en ce sens,
dans le cadre de son “Greendeal”... L’association
des consommateurs Test Achats fulmine : “On dit au
consommateur : 'ne vous inquiétez pas, il y aura des balises'.
Mais il y a déjà eu des balises par le passé et
ça n’a pas empêché l’apparition de
certaines crises alimentaires notamment parce qu’il y a des
fraudes.”
Balises,
vache folle ou pas, c'est tout ce système qu'il faudra
remplacer, si nous voulons que l'économie soit au service des
peuples, et non la collectivité au service d'une minorité
de profiteurs. La folie, c’est celle de la loi des bénéfices
et de la bourgeoisie !
Groupe
Ici & Maintenant (Belgique) de la Fédération
Anarchiste
Les
enjeux peuvent sembler parfois dérisoires, en réalité
il n’en est rien. Lorsqu’il est question d’écologie
et de protection de l’environnement, une bonne frange de
suppôts souvent inconscients du capitalisme ont inventé
depuis un peu plus d’une décennie un dispositif
langagier qui dépolitise la problématique et déplace
la conflictualité dans une posture indéfendable. TU
défends les arbres, les fleurs, les petits oiseaux, les
papillons, les tritons crêtés ? Pffft… Bobo,
va ! Tu dénonces l’usage des pesticides, la
bétonisation de zones naturelles, l’urbanisation et le
développement commercial au détriment des espaces
verts ? Pffft… Bien un truc d’écolo-bobo-gaucho,
ça !…
Gaucho ?
Ouf, l’honneur est sauf ! Y a donc bien du politique
là-dedans. Certes, personne ne se sent à l’aise
avec l’idée d’assumer le qualificatif de bobo :
en somme, c’est une catégorie sociale qui s’apparente
à la bourgeoisie privilégiée, dotée d’une
prise de conscience environnementale, et à qui les privilèges
économiques et symboliques permettent d’adopter des
comportements cohérents vis-à-vis de l’environnement.
En revanche, la prise de conscience s’arrête assez
systématiquement sur le seuil de la question des privilèges
de classe, justement, mais aussi sur la remise en cause du
capitalisme comme responsable de l’épuisement des
ressources, de la mise en péril de la biodiversité et
de la destruction des écosystèmes.
Gaucho,
par contre, ça nous informe sur l’endroit d’où
vient l’attaque. Gaucho, c’est péjoratif, c’est
celle ou celui qui suit comme un mouton une espèce de sens
commun, sans réfléchir, des valeurs féministes,
égalitaires, tenues pour éloignées d’une
certaine réalité sociale, quelqu’un qui peut se
permettre de défendre ces valeurs parce qu’il est
détaché de ladite réalité (perte de
repère masculiniste, gender théorie, islamisation de
l’Europe, etc.). Islamo-gauchiste, le thème est à
la mode outre-Quiévrain, à ce qu’on dit.
Utopiste. Ou bisounours. La boucle est bouclée. Un bisounours
ne fait pas de politique, donc la ramenez pas avec vos belles idées,
vos arbres, vos p’tites fleurs et vos p’tits oiseaux… !
Sauf
que non. Ce discours bien typé, c’est celui des fachos,
notamment, c’est celui des idiots utiles de la machine à
produire en détruisant. Celui des idiots utiles du
capitalisme. Comme dans l’enfer de Dante, les cercles sont
concentriques. C’est le cercle qui englobe tous les autres qui
représente la véritable cause du problème et ce
cercle, c’est celui du capitalisme, de la poursuite d’une
concentration des richesses aux mains d’un cercle de plus en
plus étroit, aux poches de plus en plus pleine. C’est au
nom de cette dynamique mortifère que, depuis des décennies,
l’exploitation des ressources, l’épuisement des
écosystèmes, le sacrifice de la biodiversité
sont instrumentalisés en vue de favoriser le profit. Juste
en-dessous de ce cercle, des politiques malavisés s’obstinent
à se convaincre et à convaincre le pôv’
monde que la solution à tous nos maux, paupérisation,
chômage, déficit budgétaire, financement des
pensions, etc. réside dans la croissance. Le déploiement
de l’activité économique. Voire, ô
imposture ! la croissance à vernis écologique, le
développement durable, le capitalisme vert.
Il
devient urgent de repolitiser le débat autour de
l’environnement, en particulier quand on voit ce qu’un
parti prétendu vert accumule comme incohérences dans
des décisions où la démocratie locale est
bafouée, méprisée. Vous avez dit : idiots
utiles ? Mais non, voyons, c’est juste du réalisme
économique, du pragmatisme politique.
Namur,
capitale autoproclamée de la Wallonie, est actuellement le
théâtre d’une ultime bataille. Autour d’un
arbre. Un hêtre. Un hêtre remarquable. En théorie,
ce statut protège ledit arbre de l’abattage. Pourtant,
la décision suspendue depuis plusieurs mois est sur le point
d’être mise en œuvre ce lundi 22 février.
L’arbre doit tomber. Au nom de quoi ? Pour permettre - on
croit rêver ! - l’extension d’une aile du
casino de Namur… Ne nous y trompons, et peut-être ne
nous braquons pas sur l’arbre qui masque la forêt. Ce
n’est pas l’abattage d’un hêtre, fût-il
remarquable, qui va accélérer la dégradation de
l’environnement, le réchauffement climatique. Comme si
on ne s’en doutait pas !… Oui, la terre va
continuer à tourner sans le hêtre du casino. Mais cette
action est symptomatique, encore une fois, d’une société
qui est malade dans le choix de l’ordre de ses priorités.
Qui se perd dans le choix de ses fins et de ses moyens. Et qui
souffre aussi d’une imposture complète dans
l’application de la démocratie locale, renforcée
à travers la tartufferie d’un échevinat de la
participation citoyenne.
Namur
toujours, on se demande combien de temps encore les travaux,
prévus de longue date, en vue de raser le parc Léopold,
non loin de la gare, vont pouvoir être retardés. Les
arbres doivent tomber. Cette fois, il s’agit de la construction
d’un énorme centre commercial, propice à
l’accueil de chaînes de grande distribution de la
malbouffe et du textile. Ces enseignes qu’il est inutile de
citer cumulent sans vergogne les qualificatifs de pollueurs et
d’exploiteurs. Le problème est à la fois
écologique et social. Non, la terre ne va pas s’arrêter
de tourner pour une cinquantaine d’arbres sacrifiés au
nom de l’expansion économique. Pour la suite, nous
renvoyons ci-dessus.
Arlon
enfin, où la ZAD tient toujours, la ZAD de la Zablière,
située sur l’ancienne sablière désaffectée
de Schoppach, lieu de grand intérêt écologique.
Vouée à être anéantie pour y implanter un
zoning commercial. La ZAD tient, malgré les menaces, malgré
les annonces d’expulsion. La ZAD tient, pour combien de temps
encore ? Jusqu’au moment où les impératifs
économiques auront pris le dessus et inspireront aux pouvoirs
locaux de se sentir autorisés à utiliser la force et la
violence prétendues légales pour faire décamper
les zadistes. Ces douces et doux rêveurs. Ces utopistes. Ces
bisounours…. Encore une fois, non. L’enjeu politique ne
peut pas être escamoté sous l’artifice d’un
dispositif langagier. Une ZAD, c’est la protection d’un
écosystème, c’est une façon de se grouper
pour choisir la défense de la biodiversité plutôt
que l’uniformisation et la standardisation d’une nature
composée de parterres et de plantes en pot, plutôt que
la bétonisation des sols, plutôt que la recherche du
profit au prix du sacrifice de l’environnement naturel dont
dépend l’équilibre de la vie. C’est aussi
la poursuite d’un autre ethos, une autre manière de
faire société, de vivre la communauté des êtres,
à travers un mode de vie alternatif, ne dépendant pas
ou peu des circuits productivistes, pollueurs et exploiteurs,
anti-écologiques et anti-sociaux. Peut-être même
s’y joue-t-il la recherche d’une société
sans classe, sans rapport de domination, sans mainmise de l’État,
où les groupes d’individus librement constitués
prennent les décisions qui les concernent sans s’en
remettre à des représentants fantoches, appliquant en
réalité les recettes du capitalisme et du profit.
Un
arbre, un parc, une ZAD… Juste pour une portion d’une
petite partie du monde, ça pèse pas lourd. Multiplié,
de par le monde, par dizaines, par centaines, par milliers
d’hectares de nature rasés, liquidés, anéantis
pour activer la machine à produire du fric au profit des
nantis et des dominants, ça finit par peser lourd. On le sait
depuis des décennies. On sait depuis des décennies que
la machine s’est emballée et que ses conséquences
ne sont pas seulement environnementales. Le choix de la ZAD, c’est
aussi cela, en somme : prendre le parti de la protection des
écosystèmes et de la biodiversité,
indépendamment des privilèges de classe, contre la
capitalisme, et contre tous ses idiots utiles, détracteurs de
bobos-gauchos ou attentistes complices.
L’enjeu
n’est pas négligeable, loin de là. A travers ces
luttes locales, c’est le pouvoir et la domination même
sous toutes leurs formes auxquels il convient de s’opposer, en
vue de la réalisation d’une société
autogérée, égalitaire et respectueuse des êtres
autant que de l’environnement.
Groupe
Ici & Maintenant (Belgique) de la Fédération
anarchiste
Février
2021
Soutien
aux groupes qui se mobilisent : Ramur, Collectif de sauvegarde
du parc Léopold (Namur), Appel pour la sauvegarde des arbres à
Namur, Zablière – ZAD d’Arlon, etc.