Ici et maintenant

Groupe belge de la Fédération anarchiste

Ici et maintenant avec le mouvement “La santé en lutte” le 13 septembre 2020

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Toutes et tous au côté des travailleurs et travailleuses de la santé ! On les a applaudi tous les soirs à 20h. Ou on ne l’a pas fait, non pas parce qu’on les jugeait indignes de notre respect et de notre considération, mais parce qu’on se disait que les applaudissements ne devraient pas voiler les vrais problèmes. Problèmes partagés par toutes et tous, engendrés par des décennies de politiques néolibérales, de coupes budgétaires, dans le secteur de la santé et dans la sécurité sociale.

Il est temps d’agir pour améliorer les conditions de travail du personnel de la santé. Pas de travailleurs ni de travailleuses victimes d’une charge de travail insurmontable, pour compenser des moyens humains et matériels réduits au nom de l’économie et de la logique de marché !

Il est temps de manifester notre soutien solidaire au personnel mobilisé. Pas de revendications communes sans mobilisation ! 

Il est temps d’exiger, de rappeler, le droit à disposer de services de santé publique gratuits et de qualité, pour toutes et pour tous. Pas de médecine à deux ou trois vitesses ! 

Il est temps de s’opposer aux mesures de contrôle et de traçage. Pas de société autoritaire et antidémocratique !

La primauté de l’économie sur le modèle capitaliste sur tout le reste, y compris la vie humaine, a conduit un gouvernement bricolé à la va vite devant l’absurdité confondante de se montrer inapte à procurer au personnel soignant le matériel de protection approprié, de tester la population, et de provoquer un abandon innommable des personnes vivant en maison de repos. 

Ce gouvernement ne peut être le bouc émissaire de nos colères. Nous anarchistes pensons que les conséquences de cette situation doivent être imputées à un système qui s’est égaré depuis longtemps. Un état qui reste décisionnaire tout en calquant ses décisions sur des impératifs de gestion et de rentabilité, sous l’influence toujours plus délétère des mécanismes et pratiques néolibérales. 

Il faut en finir avec ces politiques qui font passer les profits avant la vie humaine. Il faut renforcer la santé et la protection sociale pour une société juste, égalitaire et fondée sur une organisation autogérée. Le monde d’après ? Ben tiens, c’est rigolo, ça. Le monde d’après, c’est le programme des anarchistes depuis des lustres ! 

Soyons nombreuses et nombreux à participer à la Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid, ce dimanche 13 septembre, on descend dans la rue ! Pensez à porter un masque pour veiller à la santé de tous et toutes.

Denys-Louis Colaux - L'ami s'est esbigné

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Ce jeudi 23 juillet, Denys-Louis Colaux nous quittait. L’écrivain belge, le nouvelliste, le poète, le chic type, le provocateur flamboyant, l’aminche talentueux.

Denys-Louis Colaux était un épisodique compagnon de route de l’anarchie. Intéressé qu’il était par la proposition libertaire. Il regardait ça d’un œil bienveillant. 

Indiscutablement, sa classe littéraire était reconnue. Comme son ingéniosité, son travail et son inspiration. De l’émeraude !

Son œuvre poétique lui a notamment valu en 1994 le prix Émile Polak de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique, pour l’ensemble de son œuvre. En 1998, il reçoit le prix Frans De Wever pour son recueil de poèmes Le galop de l’hippocampe (Les Éperonniers). En tant que romancier, il a été finaliste du prix Rossel (événement majeur de la vie littéraire en Belgique) pour Le fils du soir, paru aux Éperonniers en 1998. Premier Prix concours «Un auteur / Une voix», Radio Télévision Belge francophone (RTBF), 1998. 

On lui doit aussi un important travail autour de la réalisatrice Nelly Kaplan : Nelly Kaplan, portrait d’une flibustière, Dreamland, 2002.

Mais le gaillard a des répulsions ! 

Il a un goût prononcé pour la bouffonnerie et le doute. Certes ! Une misanthropie dans le plus pur style individualiste. D’accord. Mais, il balance aussi ses glaviots. Il sème les gnons. Il t’harponne. Il souhaite secouer le cocotier ! 

En 1995, on lui décerne le Premier Prix Concours « Scénarios contre le racisme et l’extrême-droite », Romulus Films & Horizon 2000. Tu vois où je veux en venir ? Il soutiendra des événements antifascistes. Le racisme et la connerie des zigues lui mettaient le cerveau de traviole. 

Avec Verdun, il reçoit le Grand Prix de la Communauté française de la nouvelle 1999. Un pamphlet antimilitariste. Un gars dans la boue des tranchées. Envapé. Un rythme haché et sec. Rarement égalé. On dégueule sa guerre. 

Compagnon de route donc. En 1993, Il participe à La journée libertaire qui se tient à La Louvière. Une intervention poétique en compagnie de l’écrivain français Guy Ferdinande. A Écaussinnes et au 65 rue du Midi/Bruxelles, Il viendra causer avec Marc Wilmet de « Georges Brassens libertaire ». On peut le lire parfois dans le mensuel belge Alternative Libertaire.

En novembre 2012, à La Louvière, le jeune Papa Becaye Ba est agressé en raison de sa couleur de peau, il est tabassé à mort. Denys sort une carte blanche (1). Poignante, rageuse. Il file une toise à cette société qui permet le lynchage. Il nous met en garde. Attention aux duchnoques ! Gaffe à la résignation. À la banalisation.

Alors oui, sans jamais se rallier complètement, il sera un généreux complice. Un partenaire dévoué « des fils de la chimère/des assoiffés d'azur/des poètes/des fous.» (2)

L’ami s’est esbigné et c’est dur à encaisser. 

Sandro Baguet


1) http://www.lejim.info/spip/spip.php?article316

2) Les oiseaux de passage, texte de Jean Richepin, chanté par Georges Brassens


Travailleurs kleenex – merci Avery Dennisson !

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L'usine européenne Mactac / groupe Bemis a été implantée à Soignies (Belgique) en 1967. Durant plusieurs décennies, Le nombre du personnel oscille entre 300 et 700 personnes. Durant les années 1990/2000, on compte quelques dizaines de licenciements. Néanmoins, les ouvriers & les militants syndicaux engagent quelques batailles afin d'obtenir de nouveaux droits et quelques conquêtes intéressantes.

2014, Bemis revend à Platinum Equity, un fonds d'investissement privé basé en Californie, l'usine sonégienne Mactac. Le montant s'élève à 170 millions de dollars.

Avril 2015, Platinium Equity annonce un plan de licenciements. 175 emplois sont perdus. fermeture complète de la filiale de Genk.

2016, Avery Dennison (30.000 salarié(e)s dans plus de 50 pays) annonce un accord définitif visant à acquérir les activités européennes de Mactac auprès de Platinum Equity pour un prix d'achat de 200 millions d'euros , en ce compris les dettes opérationnelles et sociales.

2018, gros coup de promo dans la presse, On parle même de renaissance, de miracle! Le site de Soignies devient en termes d'emplois la plus grosse unité européenne du  groupe américain Avery Dennison, avec à la clé, la « création » de quelque 250 emplois....

Une armée de CDD font leur entrée. Pression, stress, chantage à l'emploi sont leur quotidien. Les accidents de travail montent en flèche...

Dans le même temps, on engage à Soignies et on délocalise en Allemagne ! En fait c'est un transfert de production : Avery Dennison va fermer son usine située à Schwelmer dans laquelle travaillent 400 personnes. Dehors ! Circulez, y a rien à voir !

2019, Rodange au Luxembourg, le 2 octobre, Avery Dennison inaugure l'extension de son site de production clôturant ainsi un projet de 65 millions de dollars visant à renforcer son implantation industrielle en Europe. Cet investissement est l'une des plus importantes initiatives opérationnelles d'Avery Dennison de ces dernières années...

Comme une impression..

Juin 2020, la direction annonce la réduction de capacité à Soignies, environ 220 emplois seraient affectés dont approximativement 135 contrats à durée déterminée... 

Pourtant les sommes avancées dans les communications de la multinationale filent le vertige :

- résultat du premier trimestre 2020: les ventes nettes sont de 1, 72 milliard de dollars

- le chiffre d'affaires était de 7, 1 milliards de dollars pour l'année 2019

En mars, dans les usines, les grandes surfaces ou les hôpitaux, nous étions des héroïnes et héros. On bossait pendant la crise Covid19. Avec courage, nous faisions tourner la société ou nous nous occupions des autres. En juin, juste des travailleurs kleenex, dommages collatéraux insignifiants de la gestion libérale, des délocalisations et de la guerre entre monopoles capitalistes.

Ces consortiums et cartels sont des ententes ou groupements de capitalistes qui se constituent à partir d'un niveau élevé de concentration de la production et du capital. Sur le plan économique, la domination des monopoles se traduit par l'obtention de superprofits. 

L'activité des monopoles, des multinationales, entraîne l'aggravation de toutes les contradictions du capitalisme, notamment entre le caractère social de la production et la forme capitaliste privée de l'appropriation des richesses et des résultats du travail. 

Ça va souvent à l'encontre des intérêts des pays où ils opèrent et a pour conséquence une intensification de l'exploitation des travailleuses et travailleurs. Non ?

Banlieue Rouge, Groupe Ici & maintenant de la FA


Journée mondiale « des réfugié.e.s » 2020 : pour ne plus nier !

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Samedi 20 juin est une nouvelle journée de mobilisation en solidarité avec les réfugié.e.s.*

Des rassemblements, des manifestations auront lieu en soutien et pour exiger la fin de la haine contre les réfugié.e.s.

Le Haut-Commissariat aux Réfugié.e.s de l'ONU (HCR) nous rappelle que 79,5 millions de personnes sont déplacées de force dans le monde. Ce chiffre, nous le savons, est minoré car des pays ne donnent pas le nombre de déraciné.e.s en leur sein, comme la Chine par exemple.

Plus des deux tiers des réfugié.e.s sont originaires de Syrie, du Venezuela, d'Afghanistan, du Soudan du Sud et du Myanmar. Des pays rongés par la misère, la guerre, la haine. Des pays souvent théâtres des guerres déportées entre grandes puissances (USA, Europe, Russie, Chine).

Le changement climatique, qui n'existe toujours pas pour certains et certaines, amène au déplacement contraint de populations. Rien que cette année, c’est plusieurs millions de personnes qui ont été directement impactées par la sécheresse, la montée des eaux ou les pluies diluviennes.

Face à cela, nous avons des pays qui se recroquevillent sur eux-mêmes, qui ferment leurs frontières, qui excluent les réfugié.e.s, les chassent, les enferment, les emprisonnent, les criminalisent, les laissent se noyer dans la mer, le tout avec la collaboration des forces répressives, flics, garde-côtes et militaires. C’est le cas de l’Europe et de la France en particulier.

Certains pays négocient même le fait de faire enfermer des réfugié.e.s dans des camps au sein d'un pays limitrophe, à coup de milliards « d’aide » versés. C’est le choix de l’UE avec la Turquie. D'autres les « parquent » sur des îles (Grèce, Australie…). Les gouvernants débordent d'imagination lorsqu'il s'agit d'exclure et d’humilier !

Nous savons aussi que des êtres humains, sans attendre les ordre d'États, savent humilier, exploiter. Nous avons vu des réfugié.e.s vendu.e.s sur des marchés en Libye comme esclaves, encore récemment.

Nous affirmons haut et fort que nous luttons pour la destructions des CRA (Centre de Rétention Administrative) et toutes les structures d'enfermement, de contrôle.

Nous luttons pour l'accès à la santé et à l'éducation gratuites pour toutes et tous.

Nous ferons tout pour arrêter les expulsions des squats et autre lieu de vie et nous luttons pour un logement décent pour toutes et tous.

Pour la régularisation (faute de mieux) de toutes et tous, ici, là-bas, ailleurs dès maintenant. Nulle n’est étranger nulle part.

Pour la liberté de circulation.

Si nous luttons pour le droit de vivre librement pour toutes et tous sur le globe, il nous paraît évident que nous devrons aller encore plus loin, aux racines, pour stopper ces déplacements forcés. Les guerres, le capitalisme, les nationalismes, les haines, les pouvoirs, les frontières et donc les nations sont autant de choses qui doivent disparaître pour qu'un jour les humains et humaines soient libres de vivre, où ils et elles veulent, comme ils et elles le souhaitent.

Nous appelons à participer massivement aux rassemblements du 20 juin partout en France et au-delà, à être en lutte avec celles et ceux qui ne demandent que le droit de vivre.

Notre patrie c'est le monde, notre loi la liberté. Vive l'anarchie !

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste


* Ce texte prend le parti d'appeler toute personne en mouvement forcé « réfugié.e », le terme « migrant·e » étant déjà une façon de rejeter celles et ceux qui cherchent refuge.

Distanciation sociale, mon œil !

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Courriel envoyé à à la rédaction de Syndicats, journal de la FGTB.

Alors que la première ministre - une libérale pourtant ! - parle de « distance de sécurité » et de « distanciation de sécurité », plusieurs des articles du magazine mensuel de la FGTB Syndicats parlent de « distanciation sociale » !

La formulation des choses confine à l'absurde dans un des articles où il est question de mesurer la « distanciation sociale » en mètres !...

Trouver une telle expression dans les pages du journal d'un syndicat socialiste est inadmissible. Invoquer comme excuse qu’il s’agit d’une expression relevant de l’usage courant ne l'est pas non plus. J'en veux pour exemple que le gouvernement, lui, fait attention à un usage approprié du mot social et parle systématiquement de distance physique !

Surtout que, si on réfléchit un peu, on comprend que l’expression de « distanciation sociale » n'a pas le sens qu'on veut lui donner. Si en Belgique il y a encore des nobles, pour autant, il n'y a plus de distance sociale qui contraindrait le peuple à respecter une étiquette dégradante. Par ailleurs, il n'y a pas non plus de castes. En revanche, il y a bien des classes sociales et une distance sociale, un conflit, entre exploiteur.euse.s et exploité.e.s, et l’un des buts premiers de la FGTB est de les détruire à jamais.

Dans le cadre d'une épidémie, il convient de respecter une distance physique ou d’établir une barrière physique pour se protéger. On peut donc parler de distance physique, de distance de sécurité, de distance hygiénique ou, plus pédant, de distance prophylactique. Pas de distanciation sociale.

À cause du confinement, des distances de sécurité et du port du masque, il nous manque justement le contact social nécessaire aux humains. C’est cela dont nous avons été privés. Nous sommes une espèce sociale (comme l'a rappelé la première ministre, encore une fois c'est une libérale qui souligne ce fait, alors que j'ai entendu des personnes de gauche parler de distance sociale… Un comble !) Il n'est donc pas question de diminuer les contacts sociaux, mais au contraire de les augmenter par tous les moyens disponibles ... en respectant la distanciation de sécurité ou la distanciation physique, pour parler comme le gouvernement (une fois n’est pas coutume !)

Dans le numéro de Mai 2020 du magazine Syndicats, cet affront à nos valeurs a été perpétré moultes fois :

- en page 6 dans l'article "Que faire des enfants après le déconfinement ?"

- en page 9 dans l'article "FGTB à votre service"

- deux fois en page 20 dans l'article "La sécurité n’est toujours pas garantie dans le secteur des titres-services", où on exprime la distance sociale en mètres !

- en page 25 dans l'article "L’aéroport de Liège, tête de pont"

- trois fois en pages 30 et 31 dans l'article "Retour au boulot... mais pas sans protection" où on parle pourtant "d'exploiter au maximum la concertation sociale" ce qui constitue enfin une utilisation correcte du mot… !) 

- et enfin deux fois en page 32 dans l'article "Le masque : une obligation ? Un outil essentiel de protection"

Inutile de faire la liste de ces négations des principes de base de la FGTB dans le numéro d'avril, tout le monde aura compris de quoi on parle.

On pourra bien dire : c’est un détail, mais on le sait, le diable se cache dans les détails. Y a de quoi être vraiment déçu que la rédaction n'ait pas veillé à corriger cette utilisation inappropriée du mot social dans les articles publiés !

En solidarité... quand-même !...



Jacob, groupe de la Fédération anarchiste Ici et maintenant



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